Conférence d´ Alexis Schilbach: Au programme des Préludes du jeudi 11 février

Sa restauration d’un Stradivarius de 1690, par Alexis Schilbach, luthier

 

«Les Amis de l'OSR de Lausanne

Une conférence du maître luthier SCHILBACH


Le 11 février 2010, j'ai eu la chance d'être invité à une conférence  organisée par les Amis de l’OSR de Lausanne. Dans une ambiance chaleureuse, le maître luthier berlinois installé à Morges depuis une année, a  présenté son travail de restauration d'un Sradivarius  datant de 1690. La présentation des nombreuses étapes de restauration a passionné l'auditoire et nous a permis d'appréhender la complexité  d'une telle démarche. La restauration d'un violon ancien relève d'un véritable défi. Le luthier doit connaître l'histoire de  l'instrument et le contexte de sa création. Le travail de restauration  se fait selon un protocole strict permettant de respecter l'objet. Les habiletés requises sont multiples, elles relèvent aussi bien de la microchirurgie que de la connaissance de la chimie et des techniques anciennes. Le luthier est un passeur reliant  la haute technicité des époques anciennes à celle de nos jours.

Le débat qui suivi la présentation fut fort intéressant, il témoigne des représentations véhiculées autour d'un instrument mythique, le Stradivarius, ce qui a permis à  Alexis Schilbar de redonner quelques précisions sur l'histoire de cet instrument. Pour terminer, je retiens l'intervention d'un auditeur qui questionne le sens de ce travail, quel est l'avantage de restaurer un violon  quand d'une part, des parties importantes ne sont pas d'origine et que d'autre part, les interventions nécessaires pour atteindre le but de la restauration, rendre au violon son meilleur état, sont aussi importantes ? La réponse du maître est sans équivoque, il s'agit de la conservation du patrimoine  et en plus l'instrument sonne bien répond-il d'un air malicieux.»

 

«Sa restauration d’un Stradivarius de 1690, par Alexis Schilbach, luthier

Hasards de la vie ou parcours prédestiné? Ce sont ses études de peinture, d’art et d’histoire de l’art qui amènent Alexis Schilbach à s’intéresser à la lutherie, et ce sont des raisons personnelles qui le conduisent à Morges, fin 2007, où il décide d’ouvrir maintenant son atelier. Il a appris à fabriquer des violons, altos et violoncelles à Bubenreuth, près de Nuremberg, qui est à la lutherie ce que la vallée de Joux est à l’horlogerie suisse. Après trois années dans un établissement parisien, il est engagé dans un atelier renommé de Berlin, la maison Kägi, où il restera dix ans. Spécialisé dans les vernis, il a eu entre ses mains nombre d’instruments de musiciens de l’Orchestre Philharmonique de Berlin. Tout l’art de la restauration consiste à reconstituer l’architecture de l’objet, selon la texture de son bois. Parfois, le luthier emploie des techniques artisanales récentes, notamment la confection de pièces grâce à des moules de plâtre.

«Dans mon travail, dit-il, j’essaie de savoir quelle sonorité cherche le musicien.» Il faut connaître la physique de l’instrument, mais compter aussi sur son expérience pour comprendre les artistes. C’est pourquoi j’ai attendu si longtemps avant de me mettre à mon compte.»» 

(http://www.avaosr.ch/newsdetails.asp?id=67)